Menu
Libération
Enquête

Des carats taillés pour la dictature

Réservé aux abonnés

Depuis hier, une vente de diamants de Marange au Zimbabwe est organisée avec le soutien international. Malgré 200 personnes tuées pour le contrôle de la mine géante par le pouvoir.

Publié le 12/08/2010 à 0h00

Robert Mugabe, président zimbabwéen de 86 ans, a ouvert hier, pour trois jours, la première vente aux enchères des diamants de Marange, une zone militaire dans l’est du Zimbabwe où les pierres précieuses ont été pillées dans le silence, la violence et le chaos. Le processus de Kimberley, institution internationale mise en place pour empêcher la vente des diamants du sang, est l’organisateur de cette somptueuse cérémonie. Mais la légalisation des diamants de Marange aura soulevé de nombreuses polémiques.

Sanctions. Le gouvernement zimbabwéen affirme que l'argent de la vente (1), estimée à 2 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros), permettra de redynamiser une économie en faillite. Le ministre de l'Economie, Tendai Biti, opposant de Mugabe, fut le premier à encourager la levée des sanctions du processus de Kimberley : «L'Etat n'a pas d'argent pour payer ses fonctionnaires, pour acheter de l'électricité, alors que nous possédons la plus grande découverte de diamants alluviaux de l'histoire de l'humanité.» Le processus de Kimberley a donc légalisé des «diamants du sang» pour tenter de sauver le pays de la débâcle. Mais ils ne sauveront probablement pas le Zimbabwe de la dictature. Pendant ce temps-là, Charles Taylor, ancien président du Liberia, passe devant la Cour internationale de justice, à La Haye : il est accusé d'avoir pillé des diamants pour financer son armée. Douce ironie.

En 2006, une compagnie britannique, ACR, découvre le gisement de Mara

Dans la même rubrique