C'est officiellement le plus grand effort jamais entrepris depuis l'indépendance de l'Inde pour tenter de débarrasser le pays de la faim et de la malnutrition. Pièce maîtresse du programme du Parti du Congrès lors de sa réélection l'an dernier, la «loi sur la sécurité alimentaire» vise à garantir, via des subventions, «l'accès à une quantité suffisante de nourriture pour tous, particulièrement les sections les plus vulnérables de la société».
Tâche. Vaste projet dans ce pays de 1,2 milliard d'habitants, classé 66e sur 88 dans le Global Hunger Index (indice mondial de famine) où 43,5% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition (contre 7% en Chine). Face à l'énormité de la tâche, le projet est sans cesse repoussé. Compte tenu des coûts, le groupe interministériel chargé de rédiger la loi avait tellement dilué l'objectif d'origine que le Parti du Congrès prenait le risque de se ridiculiser au Parlement. Le texte limitait par exemple les produits subventionnés au riz et au blé au lieu d'inclure d'autres céréales et diminuait leur allocation mensuelle à 25 kilos par famille au lieu de 35.
La présidente du parti, Sonia Gandhi, a donc demandé aux ministres de revoir leur copie. Pas gagné, d’autant que la proportion de la population officiellement recensée comme pauvre vient de bondir de… plus de 100 millions de personnes. Mi-avril, la Commission au plan a en effet entériné un rapport qui estime le nombre de pauvres à 37,2% de la popul




