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Faim dans le monde : moins de victimes, toujours autant d’indécence

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Publié le 15/09/2010 à 0h00

C'est un chiffre, censé exprimer un mieux, mais qui traduit l'indécence : 98 millions de personnes ne sont plus victimes de faim chronique dans le monde. Selon la FAO, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, 925 millions de personnes en souffrent encore en 2010. Contre 1,023 milliard en 2009… «Toutes les six secondes, un enfant meurt à cause de problèmes liés à la malnutrition, dit le directeur général de la FAO, Jacques Diouf. La faim reste la plus grande tragédie et le plus grand scandale au monde.» S'il baisse pour la première fois depuis quinze ans, ce chiffre reste inacceptable. Et n'a rien d'inéluctable.

L'amélioration résulte d'un début de sortie de crise en 2010 et de la baisse des prix alimentaires après la flambée de 2007-2008. Mais l'agriculture souffre toujours d'un sous-investissement chronique. Les politiques commerciales mettent encore les paysans en compétition. La forte hausse des prix alimentaires, liée à la sécheresse russe, fait flamber ceux des matières premières alimentaires. Les causes d'une crise restent latentes, résume Oxfam dans un récent rapport : «Coup de fouet sur les biocarburants, spéculation sur les marchandises, demande croissante des pays émergents en énergie et en viande, et productivité agricole stagnante.»

La malnutrition n'a pas qu'un coût humain. «Elle continue de coûter 450 milliards de dollars [350 milliards d'euros, ndlr]par an aux pays pauvres, rappelle Mered

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