André Bouchut s'assied doucement sur un fauteuil pliable. «Physiquement, on commence à baisser…» lâche-t-il, un sourire sous la moustache. Mais après quinze jours de grève de la faim (1), la détermination des militants de la Confédération paysanne ne faiblit pas. Leur revendication ? Une place au sein de l'interprofession laitière, afin de «faire partie des négociations pour défendre les intérêts des éleveurs». Aujourd'hui, des actions de blocage des camions de collecte sont prévues tandis qu'une vache participera symboliquement à la manif sur les retraites.
Cela fait plus d'un mois que les militants occupent la Maison du lait, à Paris. Mercredi, la justice leur avait donné deux jours pour évacuer les locaux de l'interprofession. Installés avec matelas et banderoles sous la verrière ensoleillée du hall, les syndicalistes n'ont pas l'intention de partir, tant qu'ils n'ont pas obtenu l'assurance d'une représentation au sein de l'interprofession. Cette association, qui regroupe producteurs, coopératives et industriels, est chargée de la promotion des produits. Mais aussi, et surtout, dit André Bouchut, elle a le pouvoir «d'orienter les politiques et de fixer les prix du lait». Mais côté producteurs, seule la FNPL, branche de la FNSEA, représente les éleveurs. «Or, la cotisation est obligatoire pour tous les producteurs et les décisions prises s'appliquent à tous», détaille André Bouchut. Il voit dans l'action de la Conf' un combat «politi




