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Interview

«Zéro émission : le seul chemin pour nous sauver»

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Questions à mohamed aslam ministre de l’environnement des îles Maldives

ParChristian Losson
(à Cancún)
Publié le 09/12/2010 à 0h00

Mohamed Aslam, ministre de l’Habitation et de l’Environnement des Maldives, a poussé mardi un cri d’alarme au côté de Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU. Il se confie à

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Votre archipel s’est engagé à émettre zéro émission carbone d’ici à 2020. Un coup de pub ou un cri de désespoir ?

Non, c’est le seul chemin pour nous sauver. Face aux changements climatiques, il faut trouver d’autres moyens de produire de l’énergie, plus propre. On n’a pas d’alternative. Les technologies existent pour remplacer les énergies plus polluantes. Pour l’instant, elles sont encore coûteuses. Mais le marché des énergies renouvelables va vite devenir plus compétitif, plus abordable. Il faut commencer : on n’a pas attendu le turbo pour faire des voitures, n’attendons pas la fin du pétrole pour développer massivement des alternatives.

Les transferts de technologies restent obérés par les brevets…

On ne veut rien de gratuit. On paiera. On dit aux entreprises : «Venez investir aux Maldives pour en faire un pays-pilote, une vitrine de l’économie sans carbone.» A nous de créer les conditions. D’autres pays suivront ce chemin. On veut montrer que c’est faisable à notre échelle. On ne va pas attendre que les autres volent à notre secours, sinon il sera trop tard. Il faut toujours commencer par rêver. Puis avoir des idées. Et la volonté politique derrière. Il y a deux types de leaders : ceux qui suivent la foule et ceux qui l’orientent…

Quelles sont, pour les Maldives, les conséquences du réchauffement climatique ?

Les Maldives, c'est un archipel de 230 îles, de 300 km2 : 80% du territoire ne dépasse pas un mètre d'altitude. On attend une montée des océans d'au moins 70 centimètres d'ici à 2100. Une catastrophe pour les 315 000 

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