Alden Meyer est directeur de l'Union of Concerned Scientists et l'un des leaders du Climate Action Network (Réseau Action Climat, représentant plus de 550 ONG dans le monde). Il a suivi les seize conférences climatiques de l'ONU. Il se confie à Libération.
Que représente l’accord de Cancún dans une perspective historique ?
Un soulagement : il exorcise le fantôme de Copenhague qui a hanté l’année 2010. Il restaure la crédibilité des Nations unies comme forum où des résultats peuvent se produire et où 194 pays sont capables de faire des concessions pour avancer. Cet accord progresse sur des sujets clés : préservation de la forêt, création d’un fonds vert, transparence sur la vérification des émissions… Mais si les résultats ouvrent des horizons pour augmenter le niveau des ambitions, cet accord est insuffisant pour sauver le climat. Et la formulation trouvée sur le prolongement du protocole de Kyoto après 2012 est si ambiguë qu’elle revient à s’acheter un an de rab… Le temps de la politique n’est pas à la hauteur des menaces démontrées par les scientifiques. Le climat ne négocie pas avec les diplomates.
Un échec aurait-il discrédité le processus onusien contre les changements climatiques ?
Un nouveau fiasco après Copenhague aurait exacerbé le niveau d’exaspération et de colère. Et aurait marqué un bond en arrière où toute la volonté politique aurait été à rebâtir. Mais ce sont les gouvernements qui construisent un accord, pas l’ONU, simple facilitateur. Les conférences ne sont qu’une voiture ; les gouvernements, eux, pilotent. Ce sont eux qui décident d’aller lentement, ou dans le mur. Pas le processus démocratique de l’ON




