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Récit

Brésil : une catastrophe pas si naturelle

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Sur fond d’habitat anarchique, les pluies torrentielles ont entraîné la mort d’au moins 500 personnes.

ParChantal Rayes
SAO PAULO, de notre correspondante
Publié le 15/01/2011 à 0h00

C’était une tragédie annoncée. Mais le Brésil n’a pas su l’éviter. Le bilan provisoire des intempéries qui s’abattent depuis mardi soir sur cinq villes de la province de Rio-Teresópolis, Nova Friburgo, Petrópolis et, dans une moindre mesure, Sumidouro et São José do Vale do Rio Preto, s’élève à 519 morts. Un bilan qui devrait s’alourdir avec la poursuite du mauvais temps et des recherches dans les décombres. C’est la catastrophe naturelle la plus meurtrière de l’histoire du pays. Et un véritable baptême du feu pour la nouvelle présidente, Dilma Rousseff, entrée en fonction au début du mois.

Instable. Les inondations et les glissements de terrain ont charrié des corps à 15 km de distance. Les villes sinistrées se situent dans une région montagneuse où le sol est instable. Et où, en l'espace de vingt-quatre heures, il a plu presqu'autant que la moyenne d'un mois de janvier. Mais pour la presse brésilienne, «rien ne sert d'invoquer les forces de la nature ou le réchauffement de la planète», souvent mis en cause dans les phénomènes climatiques extrêmes. Sont pointées du doigt l'incurie des pouvoirs publics et l'absence de politique de prévention. Le parallèle avec l'Australie, où les inondations qui frappent le Queensland ont fait beaucoup moins de victimes (13 morts), malgré des précipitations records, est inévitable. «Le Brésil sait que les inondations sont récurrentes sur son territoire, gronde une experte en environnement. Le pays n'a do

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