C'est une maison d'habitude très polie, un symbole de l'Etat à l'ambiance policée. Mais depuis des mois, l'Agence française de développement (AFD) est en plein émoi. «Ses 1 715 collaborateurs vivent au bord de la crise de nerf», résume un haut fonctionnaire. Les mots feutrés ont fait place à d'autres : «décisions arbitraires», «scandales et parachutages», «management hystérique»… Le conseil d'administration qui s'y tient aujourd'hui le vérifiera-t-il ? L'opérateur pivot de l'aide au développement de la France, qui gère 7 milliards d'euros d'engagements, nage en plein malaise.
«gauchistes». Dans le collimateur : le nouveau directeur général de l'institution, Dov Zerah, accusé de naviguer à vue. Et de vouloir mettre de l'ordre dans «ce qui est perçu, à droite, comme un repaire de gauchistes», concède un de ses proches. L'homme a donc recadré ses troupes. «Il fallait aller vite», dit-il. «Fallait-il être aussi brutal, expéditif, humiliant ?» interroge un délégué du personnel. Vendredi, l'intersyndicale s'est à nouveau insurgée contre la «dérive» de la politique de ressources humaines : «Des lignes rouges ont été franchies, dénonce-t-elle. Tout semble désormais permis. Il n'y a plus de garde-fou, de limite, de cadre. Tout est possible.» Les syndicats épinglent des postes pourvus «sans appel d'offres en interne», des «recrutements externes», 111 en 2010, où «la proximité




