A 51 ans, l'Américain Joshua Wurman est directeur du Centre pour la recherche météorologique, au Colorado. Il traque les twisters depuis plus de quinze ans. Pour Libération, il s'exprime sur les tornades dévastatrices qui ont touché le sud de l'Amérique les 27 et 28 avril, faisant 327 morts. Et explique pourquoi il est si difficile de les prévoir.
Pourquoi y a-t-il eu autant de victimes et autant de dégâts après ces tornades ?
Nous avons eu beaucoup de malchance cette année. Certaines années connaissent peu de tornades, d’autres un peu plus, mais les phénomènes que nous avons observés en avril sont exceptionnels. D’autant que les tempêtes ont touché des régions avec une population importante. Généralement, les tornades se développent plus à l’ouest, dans une zone que l’on appelle «Tornado Alley», constituée de prairies et de larges espaces. Cela n’a pas été le cas cette fois : le Sud-Est a été dévasté. Au total, plus de 100 tornades se sont constituées le 27 avril en quelques heures.
Les gens n’ont pas eu le temps d’évacuer la zone ?
Il y a eu de nombreuses alertes météo. Les habitants savaient qu’il existait un risque de tornades. Le problème, c’est que ces alertes ne sont pas suffisamment précises. On les donne en moyenne seulement treize minutes à l’avance, et on se trompe aussi, elles sont fausses dans 75% des cas. Beaucoup trop. Du coup, les gens n’y croient pas et attendent de voir la tornade avant de prendre la situation au sérieux. Mais quand la tornade est à une minute de votre maison, il est souvent trop tard. Beaucoup d’habitations étaient fragiles. Des mobile homes ne font pas




