Du jaune pâle là où les champs devraient encore être verts frais. Et même une tache de rouille de trois hectares sur le flanc ouest de la colline, au chemin des Roussets, qui monte vers Saint-Urcisse. L'interdiction d'irriguer tombée la semaine dernière sur ce bout de département du Tarn qui ressemble à la Toscane n'est de toute façon pour rien dans cet état des champs de lin. Ce sont «les températures de ce printemps et l'absence de pluie» qui ont condamné la récolte 2011.
Pas plus que les autres agriculteurs de ces campagnes entre Gaillac et Montauban, Jean-Claude Laur n’a de toute façon jamais arrosé ses champs de grande production. C’est plutôt pour ses quatre hectares de tabac qu’il aimerait ne pas être trop longtemps interdit de pomper dans le Tescounet, le cours d’eau local.
La grêle a laissé des plaques de glace dans les fossés. La veille, un autre orage est tombé : 40 mm d'eau en un quart d'heure. Autant qui ne servira jamais à faire boire les pieds de tabac que cet agriculteur de 56 ans vient juste de planter : il est «en amont», du mauvais côté de la retenue de Thérondel, dont les 800 000 mètres cubes autorisent l'irrigation maîtrisée de 250 hectares pour 30 agriculteurs.
«Aberrant». C'est une retenue à Lisle-sur-Tarn qui aurait pu alimenter le Tescounet, dans lequel il peut d'ordinaire puiser à la saison. Il souffle : «Ils en discutent depuis quarante ans, mais ils l'ont jamais fait.» Ce serait, dit-il, «de la faute au




