Un affront au foie gras peut-il geler les relations franco-allemandes ? En interdisant la présence des producteurs de cette spécialité bien française, ainsi que toute dégustation, les organisateurs de l’important salon alimentaire Anuga, qui se tiendra en octobre à Cologne, ont déclenché une mini bombe diplomatique.
Informé de ce camouflet par les producteurs de la filière française, Bruno Le Maire, le ministre de l'Agriculture, s'est immédiatement fendu d'un courrier à l'attention de son homologue allemande, lui suggérant d'intervenir auprès des organisateurs d'Anuga. «Il importe à la filière française du foie gras d'être présente dans un salon visité par de nombreux acheteurs, dans une période précédant les fêtes de fin d'année», a-t-il écrit à Ilse Aigner, avant de menacer de boycotter l'ouverture du salon.
Du côté des organisateurs, on se contrefiche des pressions politiques. «Nous pensons que le foie gras n'a plus sa place sur notre salon, explique Christine Hackmann, en charge de la communication. Il est interdit d'en produire dans de nombreux pays : en Allemagne mais aussi en Italie, Norvège, Argentine… Nous avons pris une décision très claire et nous comptons nous y tenir.» Ce qui les chiffonne dans le foie gras, c'est l'alimentation forcée des animaux. «Il n'y a pas de foie gras sans gavage. Or, nous ne cautionnons pas cette pratique», ajoute Christine Hackmann.
Un foie gras sans gavage, cela n'existe pas en France, où la pratique es




