Il y a des êtres qui savent d’emblée ce qu’ils doivent faire en ce bas monde. Ils tracent leur route sans s’égarer sur des chemins de traverse jonchés d’errements et d’expérimentations. Ils savent, ces veinards.
Tout petit déjà, Aurélien Brulé était attiré par les animaux. Parmi les animaux, il préférait les singes. Et dans le monde simiesque, il a voulu sauver les gibbons. Treize ans après son premier voyage en Indonésie, à 32 ans, Aurélien ne s’appelle plus Aurélien mais Chanee qui signifie «gibbon» en thaïlandais. Ce petit singe à fourrure laineuse est gravement menacé par la destruction des forêts primaires d’Asie. Par passion pour eux, en une dizaine d’années, Chanee est donc devenu le «monsieur gibbon» qu’il rêvait d’être. Le trentenaire aux airs de beau gosse vit désormais auprès d’eux, en Indonésie, avec sa femme Prada et leurs enfants Andrew et Enzo, sans oublier le chien Sam. Là-bas, il a érigé un empire pour leur protection : une association, Kalaweit («gibbon», en dialecte local) qui emploie 53 personnes et recueille des centaines de singes orphelins ; une radio qui regroupe 40 000 auditeurs ; 32 000 hectares de forêt primaire préservés. Vu de France, ça n’a l’air de rien, mais c’est une vraie puissance de feu au service d’un mammifère menacé par nos modes de vie.
L'ascension du passionné d'animaux ne s'est pas faite en un jour ni en un claquement de doigts. Sa mère, comptable, ou son père, agent immobilier, n'y sont pas pour grand-chose, mais l'enfant est fasciné




