Longitude 80°44.674' nord, latitude 2°06.390' est. Voilà les coordonnées lisibles sur le tableau de bord de l'Arctic Sunrise, le brise-glace de Greenpeace, qui fraie depuis deux semaines entre l'archipel du Spitzberg et la côte nord-est du Groenland, en plein océan Arctique. Dans cet univers de banquise, fréquenté par les ours, les phoques et les pétrels fulmars, les bateaux ne sont pas légion. Les hommes non plus. Pourtant, sur l'embarcation de l'association écologiste, une petite armée vit et travaille dans le brouillard de l'été polaire. «Cette année encore, Greenpeace mène une grande campagne dans l'Arctique, signale Frida Bengtsson, chargée des campagnes océan et climat. Nous étions au large du Canada pour mener des actions contre le forage dans l'océan Arctique en juin. Et en septembre, nous nous concentrons sur la physique des glaces.»
Thermomètre. Septembre en Arctique, c'est l'été, la période de l'année où la banquise atteint son niveau le plus bas. Goûter à l'été polaire, c'est comme marcher dans les Alpes en hiver : le thermomètre affiche - 2° C, température plus que supportable par ici, mais la brise, d'environ 25 km/h, décuple la morsure du froid. Des conditions idéales pour arpenter la banquise, selon les chercheurs invités sur l'Arctic Sunrise.
Nick Toberg et Till Wagner préparent une thèse au département de mathématiques appliquées et de physique théorique de l'université de Cambridge (Royaume-Uni). «Nou




