C’est un projet ancien et complexe : un parc national des Calanques en lisière de Marseille, avec une partie terrestre et une autre marine. Cela fait rêver ? Mais la situation péri-urbaine complique tout, imposant de nombreux compromis. Et alors que l’enquête publique démarre dans quelques jours pour parvenir à ouvrir le parc l’an prochain, celui-ci ne fait plus que des insatisfaits. Il y a ceux qui considèrent qu’il réduit trop leurs libertés et ceux qui estiment que l’on a fait trop de concessions, qu’il n’est plus assez protecteur pour la nature.
Le projet remonte à l’ancien maire de Marseille, Gaston Defferre, qui avait demandé, au début des années 70, un parc à Robert Poujade, premier ministre de l’Environnement de la République. Ce dernier lui avait répondu que c’était impossible en bordure d’une ville.
Pour créer un parc national, il faut à la fois une richesse exceptionnelle, et des menaces qui justifient la mise en place d’un établissement public administratif disposant de pouvoirs réglementaires propres. Or, autour des calanques, les richesses ne manquent pas. A terre : des falaises abruptes avec leurs pins d’Alep, leurs chênes verts, une végétation contrainte par le vent et le sel qui cède la place, à mesure qu’on s’éloigne du littoral, aux landes et aux garrigues, puis aux forêts matures. En mer : une biodiversité étonnante, obtenue grâce à une conjonction assez rare d’éléments. Un courant ligure qui arrive des côtes italiennes et apporte beaucoup d’oxygène. Et des




