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Interview

L’ovalie, un cercle très british

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Points de vue et cartes du monde avec les Editions Autrement.

Publié le 15/10/2011 à 0h00

Collaborateur scientifique au Centre international d’études du sport à Neufchâtel, en Suisse, et maître de conférences en géographie à l’université de Franche-Comté, Loïc Ravenel nous donne son interprétation géopolitique de la pratique du rugby dans le monde.

Quelles sont les origines du rugby et comment s’est-il étendu géographiquement ?

Comme de nombreux autres sports modernes, le rugby a été codifié au Royaume-Uni dans la seconde moitié du XIXsiècle. Sa diffusion a été favorisée par la domination politique, économique et commerciale britannique. Le royaume a imposé au monde son modèle sportif. Les commerçants, les militaires, les migrants, les étudiants ont transporté avec eux les pratiques sportives découvertes dans les public-schools. Contrairement au football, cette diffusion a été limitée aux nations peuplées et gouvernées par des Britanniques, sans vraiment dépasser ce cercle d'influence.

Le rugby a surtout été adopté par les classes sociales dominantes car il est porteur de valeurs comme le poids de la tradition, l’importance de l’initiation, le fair-play et, pendant très longtemps, la défense de l’amateurisme. A ce propos, la situation de l’Argentine et de l’Uruguay (bien qu’en dehors du Commonwealth) est très révélatrice : le rugby, importé par la bourgeoisie commerçante britannique, est toujours resté le sport des classes aisées, le football ayant au contraire les ferveurs du peuple.

Bien sûr, il y a des exceptions. En France (qui a servi de relais à la Roumanie et à la Géorgie), le rugby a développé une véritable culture

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