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Libération
EDITORIAL

Failles

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Publié le 09/03/2012 à 0h00, mis à jour le 09/03/2012 à 7h45

Les catastrophes naturelles révèlent les sociétés. Les inondations de La Nouvelle-Orléans ont montré un pays désemparé et inefficace malgré sa richesse et sa maîtrise technologique. Le Mississippi débordant a mis à nu tous les maux de l’Amérique, ses inégalités comme sa méfiance invétérée envers l’Etat. Le séisme, le tsunami puis la catastrophe nucléaire de Fukushima ont tout autant exposé le Japon. Le monde a admiré, après cette triple tragédie, la force, la résistance, le courage de ses habitants. Des milliers de morts, des milliers de réfugiés n’ont entamé ni les structures ni les fondamentaux de la société, qui est restée unie et solide. Mais, un an plus tard, le Japon montre aussi ses failles et ses faiblesses. Comme l’opacité de son système de pouvoir politique et ses collusions complices avec l’appareil industriel, notamment nucléaire. L’étendue et la gravité de la radioactivité rémanente demeurent mal connues. Le gouvernement continue de dissimuler à ses citoyens et au reste du monde des chiffres probants et fiables. Ces secrets et mensonges entretiennent une suspicion justifiée envers le nucléaire. Si le Japon a commencé à reconstruire ses villes, ses routes et ses ports détruits par les eaux, comme il l’avait fait après le séisme de Kobé, il n’a toujours pas analysé la manière dont il est gouverné. Le tremblement de terre de Lisbonne avait remis en cause la philosophie européenne et ébranlé les monarchies et les Eglises. A Tokyo, ni la gouvernance ni le modèle éco

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