Si les négociations climatiques étaient un patient, son électroencéphalogramme serait à plat. C'est dans la douleur que s'achève aujourd'hui la dix-neuvième négociation onusienne sur le climat, organisée en Pologne. Le constat est amer : les pays négociateurs abaissent leurs engagements dans l'indifférence presque générale, la société civile est démobilisée et le mercure du thermomètre continue de grimper (lire ci-contre).
Terminator. Varsovie était une étape cruciale pour sceller un deal à Paris en 2015. Cet accord doit en théorie entrer en vigueur en 2020 pour prendre le relais du protocole de Kyoto et engager les pays à réduire leurs émissions afin de rester en-dessous de la barre des 2°C de réchauffement d'ici à 2050. «Mais le niveau de préparation ici est bien trop faible, s'inquiète un négociateur français. Rien ne garantit que les Etats arriveront à Paris avec des engagements forts.» Comme il faut au moins deux ans pour comprendre et analyser les promesses des différents pays en guise de réductions d'émissions, en l'absence de décision à Varsovie, Paris pourrait bien avoir la même saveur amère que le sommet de Copenhague en 2009. Tandis que les négociations patinent, les émissions, elles, s'envolent : en suivant leur trajectoire actuelle, le mercure des thermomètres pourrait bondir de 4°C en 2050. Il eut fallu qu'à Varsovie, chaque pays pose des objectifs chiffrés dès cette année pour qu'un accord soit si




