L'hiver a été rude pour le monde de la biodiversité en France. Après Robert Barbault du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), disparu en décembre, c'est au tour de Jacques Weber, son frère de recherche, ami de toujours, de lui fausser compagnie. Inconnu du grand public, ce fort en gueule attifé d'abondantes moustaches était un grand esprit et un grand scientifique. Economiste et anthropologue, il a contribué à la compréhension des «interactions entre organismes vivants dans des milieux en changement», sa définition de la biodiversité. «La biodiversité, disait-il, n'est pas une somme d'espèces mais une somme d'interactions entre organismes, parfois même au sein d'une même espèce.»
L'envers. Né à Yaoundé, il vécut les dix-huit premières années de sa vie au Cameroun dont il parlait encore les langues traditionnelles. Ses premiers travaux portèrent d'ailleurs sur l'économie des pêches dans ce pays, puis au Sénégal. Il a également travaillé sur les forêts naturelles, la faune, la flore, avec un intérêt particulier pour les modes d'appropriation et les processus de décision concernant ces ressources naturelles renouvelables. Proche de la Nobel d'économie Elinor Ostrom, théoricienne des biens communs, il l'avait accompagnée tout au long de sa tournée française.
En tant qu'économiste, Jacques Weber a pris part au débat sur la monétarisation de la nature. Il défendait l'idée d'une approche par les coûts et non par




