Au Mali, où l'on salue la famille et les connaissances de l'aube au crépuscule, on ne sait plus trop où mettre ses mains depuis l'annonce, le 3 avril, de la présence à Bamako de cas suspectés d'avoir été contaminés par le virus Ebola. «Les gens prennent leurs précautions mais sans paniquer, témoigne Hamidou Sacko, un habitué de la mosquée du grand marché, située dans le centre-ville. A la mosquée, nous ne nous échangeons plus les bouilloires d'eau pour faire les ablutions. On les fait chez nous avant d'aller prier.»
Après une invasion de groupes armés par le nord en 2012, le Mali regarde désormais avec inquiétude vers le sud, à la frontière avec la Guinée où une centaine de personnes ont succombé au virus et où 535 autres sont en observation médicale, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Au Liberia voisin, cinq patients atteints sont également décédés. Après le Sénégal, la Sierra Leone a décidé de fermer momentanément ses frontières.
Quatre cas suspects à Bamako et deux à Kourémalé (à la frontière guinéenne) ont été placés en isolement. Les deux premiers échantillons de sang envoyés au Centre pour le contrôle et la prévention des maladies à Atlanta (Etats-Unis) ont été contrôlés négatifs. Les échantillons restants ont été envoyés le 7 avril à Atlanta et à l’Institut Pasteur de Dakar (Sénégal).
L'absence de cas avérés au Mali n'a pas empêché des paniques isolées. Après Macenta, en Guinée, où des habitants s'en sont pris au centre de traitement de Méd




