De l’air, vite. Mardi matin, Ségolène Royal a présenté son plan pour lutter contre la pollution de l’air, qui toucherait, selon le ministère de l’Ecologie, près de 60 % de Français. L’essentiel est déjà connu et contenu dans le projet de loi relatif à la transition énergétique : création d’une indemnité kilométrique pour inciter à se rendre au travail à vélo, renouvellement des flottes de véhicules publics (on va vers du plus propre), possibilité pour les communes de bannir les plus polluants dans certaines zones.
C’est que, malgré l’amélioration globale, il y a urgence à diminuer la pollution de l’air, dont une bonne partie est issue du trafic routier et qui reste inquiétante dans les grandes villes. Elle vaut toujours à la France d’être menacée d’une sévère sanction par l’Union européenne pour dépassement régulier des valeurs réglementaires fixées pour les particules PM10 (les particules de diamètre inférieur à 10 micromètres, un type de polluant très répandu et nocif) dans dix zones, principalement urbaines.
Surmortalité. De son côté, l'association Ecologie sans frontières compte déposer une plainte contre X dans une vingtaine de jours pour mise en danger de la vie d'autrui dans trois grandes villes de France, selon nos informations.
Lundi midi, cette pollution était «forte» à Lyon et Marseille, et «modérée» à Paris et Toulouse, selon l'échelle établie par la société Plume Labs. Ce qui implique, pour les populations qui y sont exposées toute l'année, des effets négatifs sur la santé (asthme, cancer, infarctus…) Une étude de l'Institut de veille sanitaire (Invs), menée dans 17 villes françaises et publiée à l'automne, a démontré qu'elle engendrait une surmortalité. Difficile, pour l'heure, d'estimer le nombre de morts que la mauvaise qualité de l'air (extérieur et intérieur) a sur la conscience. A l'échelle planétaire, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avance le chiffre de 7 millions de décès prématurés chaque année.
«La pollution est très différente d'un jour et d'une rue à l'autre», prévient-on chez Airparif, l'association chargée de la surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France. Et elle nous guette parfois là où on ne l'attend pas.
Zoom. Libération a voulu savoir à quels endroits, dans les grandes villes, cette pollution était la plus marquée, pour ne pas dire dangereuse. En zoomant sur six d'entre elles : Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Paris et Toulouse. Les données analysées proviennent des études les plus complètes menées à ce jour par les différentes associations de surveillance de la qualité de l'air, ainsi que des rares régies de transports à s'être saisies de la question - comme la RATP à Paris.
Elles montrent qu’il vaut mieux ne pas habiter, travailler ou passer son temps près des grands axes routiers. Que les usagers du métro aussi peuvent être exposés à des concentrations très élevées de particules. Et que d’autres lieux, comme l’intérieur des logements, des bureaux ou des écoles, sont à surveiller de près. Cette pollution est décrite ville par ville, quartier par quartier et, quand c’est possible, station par station dans les pages qui suivent. Inspirez…




