Chaque mois, Libération creuse une thématique environnementale. Premier épisode : la chasse est-elle écolo-compatible ?
Des traces fraîches dans la terre mouillée, entre deux champs encore en sommeil. «Un cerf», nous éclaire le propriétaire des lieux. Agriculteur en grandes cultures sur une vingtaine d'hectares, Nicolas Baumgartner n'est pas surpris de la présence de l'animal : «Le premier cerf ici, je l'ai vu il y a une vingtaine d'années, je n'en revenais pas. Maintenant, il arrive que j'en voie quinze ou vingt à côté de la maison.» Quelques dizaines de mètres plus tôt, ce sont les vermillis – ces traces laissées par le sanglier qui a fouillé et retourné la terre – qui marquent le sol. Le porc sauvage vient régulièrement depuis plusieurs semaines se nourrir à l'agrainage, un système distribuant un peu de maïs chaque jour et installé par les gardes de l'environnement du canton de Genève (Suisse) pour localiser les animaux. Ces onze personnes forment une section un peu spéciale d'agents publics de ce canton qui s'occupe de la gestion de la faune sauvage. Voilà pourquoi l'agriculteur compte sur Didier Dubelly, chef de groupe des gardes sur le secteur en visite sur son terrain pour «choper ou faire au moins partir» l'animal qui semble se jouer de leur patience.
Des traces de cerfs dans les champs de Nicolas Baumgartner. Photo Niels Ackermann. Lundi13
Dans le canton de Genève, la chasse es




