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Critique

Cunningham, le Rondo continue.

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Avec le chorégraphe américain, la danse commence sans cesse. «Rondo», sa dernière pièce présentée à Paris se situe au croisement de l'épure et de l'accélération.

Publié le 21/11/1996 à 1h16

Retrouver Cunningham, c'est comme revoir Paris (ou «mon petit Lyré») après un long voyage. Mélange d'étonnement, de prudence et de coeur battant. Voilà plus de trente ans que la France et le chorégraphe américain se sont rencontrés. Tel qu'en lui-même la danse ne cesse de le changer, Merce Cunningham ne progresse pas, il bouge. C'est peut-être cela, s'obstiner à être vivant au lieu de se contenter de survivre. Il bouge à petits pas lorsque, le rideau relevé après le finale, revenu saluer avec les siens (quinze jeunes gens pour la plupart nouveaux), il se déplace comme s'il essayait de marcher sur un nuage, avec son allure d'échassier vêtu d'un pantalon rayé qui gode aux genoux pour n'en souligner que mieux son élégance naturelle. Est-il encore jeune ou bien déjà vieux? A-t-il vraiment 77 ans? ou moins? ou davantage?

Fraîcheur et tendresse. Après le spectacle, descendu au sous-sol du théâtre pour le traditionnel buffet des premières, il avait pris le temps de changer de costume.Et là, dans le tranquille brouhaha des pique-assiettes et des admiratrices, il maniait la fourchette avec une vigueur tout aussi juvénile. Pour qui l'avait jadis connu partageant avec John Cage un menu austèrement macrobiotique, le contraste était réjouissant. Mais pourquoi s'attarder à l'évocation d'un homme quand il s'agit d'expliquer son travail? A cause de la tendresse, bien sûr, mais aussi parce qu'on ne peut s'empêcher de voir dans ce vieux jeune homme qu'on vient de croiser celui

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