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Critique

«Pereira prétend» reste un beau texte

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IN AVIGNON. La mise en scène de Didier Bezace ne transcende pas le roman d'Antonio Tabucchi.

Publié le 19/07/1997 à 5h53

«La philosophie donne l'impression de s'occuper seulement de la vérité, mais peut être ne dit-elle que des fantaisies, et la littérature donne l'impression de s'occuper seulement de fantaisies, mais peut-être dit-elle la vérité»: voilà une des choses que ressent et dit Pereira, journaliste lisboète responsable juste avant guerre de la section culturelle d'une gazette acquise au régime salazariste. Visualisez tel plumitif lusitanien usé par les ans: la routine de son job consiste à mettre au frais des nécrologies d'écrivains en voie de passer l'arme à gauche, ou de publier les bonnes feuilles d'auteurs ayant déjà calanché. Donc figurez-vous le vieux chef d'un service culturel, un peu grassouillet, un peu cardiaque, un peu trop catholique et pas du tout (assez) heureux dans ses amours. Envie de le connaître mieux? Lisez sans hésiter le treizième des quatorze livres d'Antonio Tabucchi, natif de Pise (54 ans), devenu best-seller quand le cinéma s'est emparé de ses opus (1). Tabucchi est ce fou de Pessoa qui a composé façon Borges une pièce très jolie de vrai théâtre évoquant les multiples identités du prénommé Fernando ­ notamment auteur du magnifique recueil Bureau de tabac. Tabucchi a traduit ­ avec son épouse Maria José de Lancastre ­ quasiment tout Pessoa. Sa destinée penche ainsi vers la rive droite du Tage, on le qualifie d'Italien de Lisbonne.

Son roman Pereira prétend a été publié début 1994 au moment où Berlusconi et sa droite glauque allaient remporter les élections et

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