Quinze jours avant la première, ce soir à l'Opéra Comédie à Montpellier, l'occupation du plateau du Pavillon noir d'Aix-en-Provence est maximale. Angelin Preljocaj, Le chorégraphe et directeur du centre chorégraphique national y répète son solo, Un funambule. C'est à celui qui aura le plus de temps de plateau pour régler le futur spectacle. Constance Guisset, jeune designer de 32 ans, fait ses débuts dans le spectacle vivant, fascinée par la machinerie théâtrale. Très complice des machinos qui l'aident à régler sa scénographie, elle découvre avec enthousiasme le métier : «Personne ne m'avait prévenue, raconte-t-elle, que ce serait la guerre avec les électriciens, sinon, je ne me serais pas laissée faire.» Elle s'amuse de sa propre candeur et surtout tombe totalement amoureuse de la scène, de sa démesure. Elle qui a l'habitude de faire et défaire des maquettes à petite échelle, est subjuguée par la complexité et les possibles qu'offre un plateau.
Jean Genet. Sa première scénographie, Constance Guisset l'a ruminée plus d'une fois, jusqu'à encombrer son appartement à Paris, en y installant une perche pour y suspendre des papiers. Elle est joyeuse, passionnée et très concentrée. «Là, ça ne va pas, dit-elle, en désignant une découpe de papier. C'est trop, il faut que je lui enlève des bigoudis.» Angelin Preljocaj ne dit rien, il rumine son texte, l'intégralité du Funambule de Jean Genet. Il le dit en dansant. L




