Menu
Libération
Sortir

Rara Woulib, cortège d’esprits pirates

Réservé aux abonnés

Les déambulations sans préavis de la compagnie animent les rues marseillaises d’un imaginaire haïtien.

«Deblozay», par la compagnie Rara Woulib. (Photo Bushido)
Publié le 19/09/2013 à 20h46, mis à jour le 20/09/2013 à 11h38

L'aventure a commencé en 2003, loin de Marseille. Alors qu'il vivait à Haïti, Julien Marchaisseau, fondateur de la compagnie marseillaise Rara Woulib, voit passer en bas de chez lui un «rara» haïtien, cortège qui sillonne la ville au Carême, en jouant de curieux instruments, entêtants. Il les suit, et leur divagation, urbaine et musicale, le perd pendant des heures, l'amène à découvrir une autre ville.

Paillarde. De retour en France, il explore la musique du rara. Avec quelques musiciens, sur des instruments rapportés et d'autres qu'ils fabriquent, chacun ne joue qu'une note, variant au plus d'une octave, pendant des heures. La troupe commence à déambuler la nuit dans Marseille, costumée, maquillée, mêlant au rara un autre imaginaire haïtien, celui des guédés, ces esprits des morts qui sortent à la Toussaint de façon bruyante et paillarde pour servir de guides entre la vie et l'au-delà.

Pendant des années, le Rara Woulib a exploré Marseille, repartant du lieu où s’était achevée la déambulation précédente, sans faire parler d’elle. Parfois, elle ne prévenait personne mais le public grossissait, intrigué. D’autres fois, l’invitation donnait un lieu de rendez-vous imprécis. La suite doit toujours être un mystère, que gardent soigneusement ceux qui ont déjà suivi la compagnie.

Jusqu'ici, à Marseille, les sorties étaient pirates. La compagnie, aux sorties désormais soigneusement préparées, scénographiées, investit des

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique