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Libération
Théâtre de rue

Le malaise prend formes à Aurillac

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La 29e édition du festival offre des spectacles qui sont le reflet de la morosité ambiante.

ParEdouard Launet
Envoyé spécial à Aurillac
Publié le 22/08/2014 à 18h26

Quoi de neuf dans la France qui s'emmerde ? Un malaise qui va grandissant, et dont le festival d'Aurillac produit, année après année, une radiographie assez saisissante. C'est en quelque sorte le premier rendez-vous politique de la rentrée, quoique plus drôle qu'une université d'été du PS. Il s'agit d'abord d'une fête : les quelque 500 compagnies de passage dans la ville du Cantal - et les clowns, fanfares, cracheurs de feu, avaleurs de sabre - offrent à chaque coin de rue des spectacles gratuits à une jeunesse désargentée et campeuse. C'est aussi un grand marché des arts de la rue où les programmateurs viennent faire leurs emplettes. Mais il y a surtout la vingtaine de spectacles du programme officiel de cette 29e édition - concocté par le directeur, Jean-Marie Songy, et son équipe - qui, en majorité, viennent appuyer là où ça fait mal : l'absence d'horizon, la mort des utopies, l'impossibilité du collectif, la nuit tombée sur le grand soir. Bref, notre malaise.

Ventilateur. La compagnie espagnole Kamchàtka nous invite ainsi dans une grande maison, à la périphérie de la ville. La visite est libre. On y est accueilli par des personnes souriantes mais résolument muettes. Chaque pièce est le lieu d'un jeu absurde. Dans celle-ci, il s'agit de pelleter une neige faite de billes de polystyrène balayées par le souffle d'un puissant ventilateur : mission impossible. Dans telle autre, vous êtes convié à danser dans une pièce sans joie,

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