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Libération
Critique

Bonnema et Dahl, joyeuse apocalypse

«Rhythm Conference Feat. Inner Splits» entraîne le spectateur dans un voyage cosmique aux accents psychédéliques.

Publié le 23/02/2015 à 22h16

Les costumes blancs et les chapeaux pointus évoquent autant une série B rétrofuturiste qu'un happening dada. On pourrait aussi penser à un clip vidéo où à un film des années 70. Mais certainement pas à une conférence, comme le suggère le titre Rhythm Conference Feat. Inner Splits, de cette nouvelle création de MaisonDahlBonnema, duo constitué de Anneke Bonnema et Hans Petter Dahl rejoints pour l'occasion par Nicolas Field et Catherine Travelletti.

Pour qui n’a encore jamais vu les spectacles de ce couple, c’est une heureuse surprise. On plonge tête baissée dans la fantaisie d’un univers enfantin entraîné par le rythme d’une batterie constituant le moteur haletant de cette folle échappée. Se situant à la mesure du cosmos, entre infiniment grand et infiniment petit, leurs corps expriment le tremblement incessant que constitue le monde. Un monde dont ils prennent congé, d’ailleurs, sur un mode plutôt joyeux. Tout a une fin, rien n’est éternel, donc autant s’y prendre maintenant. Au passage, ils découvrent cependant qu’énumérer tout ce qui constitue la réalité sans rien oublier n’est pas chose facile ; surtout dans un univers de plus en plus saturé d’informations.

C'est donc un choix qu'ils font bien malgré eux en évoquant ce qui va disparaître ; énumération qui est surtout l'occasion de célébrer tout ce qui fait le sel de la vie et n'est pas pour rien dans le charme de ce rituel très allumé, aussi amusant que sensuel. «C'est un spectacle apocalyptique, en quelque sorte, sauf que la seule chose qui n'y est pas évoquée c'est l'apocalypse justement, analysent Anneke Bonnema et Hans Petter Dahl. L'idée du spectacle est d'imaginer une réalité parallèle en jouant sur des effets d'échelles, de se mettre en contact avec une dimension qui dépasse notre vie quotidienne. On ne raconte pas une histoire, on suit un rythme, un tremblement, ce qui nous permet de sortir des conventions du théâtre pour emmener le public ailleurs.»

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