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Légendes à l’agenda

Pierre Henry, Martha Argerich, Olga Peretyatko … Un quarteron de figures se produisent ce week-end à Paris.

Pierre Henry, vendredi soir, à la Philharmonie. (Photo Léa Crespi)
Publié le 07/01/2016 à 18h01

Les stars sont à l’affiche à Paris ce week-end. De la Philharmonie au Théâtre des Champs-Elysées en passant par la salle Gaveau, panorama de ces concerts du genre classique.

Concret et peaceful. Embouteillage ce vendredi soir à la Philharmonie. Dans la petite salle (Philharmonie 2), Pierre Henry, 88 ans, propose son nouvel album, Continuo-Capriccio. Entouré d'une batterie de haut-parleurs, le pionnier de la musique concrète donnera vie à ses objets sonores et remixera également son hit interplanétaire Messe pour le temps présent, cocomposé avec Michel Colombier en 1967, dont les cloches et les quatre accords du Psyché Rock se sont perdus dans bien des conduits auditifs sans jamais en ressortir.

Au même moment, dans la grande salle, la pianiste star Martha Argerich sera l'invitée de l'Alma Chamber Orchestra, pour un «Concert pour la paix». La formation créée en 2012 a pour modèle le Diwan oriental-occidental de Daniel Barenboim et tourne régulièrement, sous la baguette ces temps-ci du jeune chef Lionel Bringuier, porter la bonne parole musicale de Mendelssohn, Beethoven ou Schumann (pour le programme de ce vendredi). Après avoir invité le pianiste Nelson Freire en avril lors d'une tournée sud-africaine, l'orchestre monté par la violoniste Anne Gravoin a demandé à Argerich d'être la soliste du Concerto pour piano n°2 de Beethoven.

Ça me touche. Autres pianistes, autres salles. Le compatriote d'Argerich, l'Argentin Nelson Goerner, occupera la scène du Théâtre des Champs-Elysées dimanche pour le premier «Concert du matin» de l'année (11 heures). Il y interprétera Chopin : une Polonaise, deux Nocturnes et les 24 Préludes, qu'il avait enregistrés et sortis sur disque il y a deux mois chez Alpha, et qui ont été les stars de l'automne avec ceux de Seong-jin Cho, enregistrés lors du Concours Chopin dont il était sorti vainqueur.

Le lendemain, le lundi 11 janvier, c'est Luka Geniusas qui présentera un programme Beethoven-Brahms-Bartók-Prokofiev à la salle Gaveau. Le pianiste russe de 25 ans, prodige «terrien, avec un jeu enraciné», comme le définit Philippe Cassard, excelle dans un style d'interprétation presque chaotique qui joue magnifiquement des silences, donnant l'impression de moins se soucier de la vitesse que de la durée. Remarquable et à l'opposée de son compatriote Daniil Trifonov, passé maître dans l'exécution de Rachmaninov dont il a essoré le répertoire à New York en novembre, et qui sera, lui, le 14 janvier à l'auditorium de la Maison de la radio pour un concert Varèse-Prokofiev-Dvorák.

Lyrique. En novembre, elle se produisait au Lincoln Center new-yorkais pour une magnifique Gilda dans Rigoletto : Olga Peretyatko sera en récital au Théâtre des Champs-Elysées lundi 11 janvier pour un programme exclusivement Rossini (Voyage à Reims, Turc en Italie, Sémiramide…), dont elle maîtrise avec perfection le répertoire qu'elle abreuve de variations techniquement folles et émotionnellement fofolles. Un vrai petit bout de diva tonique dont on ne se lasse pas.

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