Quel que soit le résultat politique final des élections allemandes, celles-ci sont d'ores et déjà riches en enseignements pour la gauche européenne et française en particulier. Car son enjeu est très clair : celui du réformisme à l'heure de la globalisation.
Or, en Allemagne, le débat est sur ce plan plus avancé qu'en France. Et si le débat y a beaucoup progressé, c'est grâce au social-démocrate Schröder, qui a rompu avec l'immobilisme du chancelier Kohl. Le fait marquant de la campagne allemande est qu'il a opposé deux visions du réformisme. D'un côté le réformisme Kärcher incarné par madame Merkel ; de l'autre un réformisme social proposé par Gehrard Schröder.
Le réformisme Kärcher repose sur le principe du «surveiller et punir». Il cherche le changement en mobilisant les ressources de la peur et de la sanction. Et dans ce dispositif, ce sont les plus vulnérables qui sont désignés comme les véritables coupables En revanche, les plus nantis se trouvent fiscalement gratifiés. Le catalogue du réformisme Kärcher repose ainsi sur la hausse de la TVA, qui pénalise les moins aisés, l'uniformisation tendancielle des taux d'imposition qui aggrave le divorce entre égalité et équité, la réduction des prestations sociales qui accroît le sentiment d'insécurité, même si elle est de nature à accroître les incitations au travail. Sur ce dernier point, il est indéniable que la forte protection des chômeurs avait généré en Allemagne une fraude non négligeable que les sociaux- démocrates allem