Après l’article 4 de la loi du 23 février 2005 sur les «aspects positifs» de la colonisation, après la définition par le Petit Robert de la colonisation comme «mise en valeur» des pays colonisés, les éditions Milan tentent de publier sous une nouvelle jaquette le recueil de chansons intitulé... le Beau Temps des colonies. Il serait étonnant que ce disque, dont le contenu et l’iconographie sont ouvertement colonialistes, soit à nouveau diffusé chez tous les disquaires de France, les Fnac et les sites de vente sur l’Internet.
Présentée comme un document historique, avec des explications et en la resituant dans un contexte, cette compilation aurait sans doute été intéressante. Mais, livrée telle quelle, elle donne l’impression de promouvoir la vision colonialiste. S’aviserait-on ainsi de diffuser sans précaution des chansons homophobes ou antisémites, dans un recueil intitulé Au bon vieux temps et avec en couverture une caricature d’homosexuel ou de Juif datant des années 30 ? Heureusement, non. Alors, il faut poser la question : y a-t-il, en France, deux poids deux mesures dès qu’il s’agit des Noirs ?
Les Noirs de France doivent-ils accepter, en plus des discriminations dont ils font quotidiennement l’objet, que leur passé soit ridiculisé ? Que leurs familles, dont beaucoup ont été esclaves, soient tournées en dérision ? Doit-on, enfin, supporter cette insulte de plus portée à notre mémoire ? La souffrance des Noirs n’est pas un objet de commer




