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Têtes différentes au sommet

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Volontaires, des handicapés mentaux osent l’alpinisme.

(Stephan Laplanche)
Publié le 16/11/2010 à 0h00

La pluie tombe drue sur le massif de la Chartreuse : la randonnée d'entraînement de la demi-douzaine de montagnards handicapés mentaux du club Alti-Rèv est annulée. Tant pis. Leur séance mensuelle d'escalade est, elle, maintenue : elle a lieu sur le mur intérieur d'un gymnase. Baudrier, cordes, le matériel est familier à Vincent, Robert, Nicolas, Philippe et Rabiah. La plupart d'entre eux n'iront pas très haut sur le mur, mais ils osent, rigolent, se serrent les coudes. Alain Poissenot, créateur et animateur de ce petit club de sport adapté, le seul en France à afficher l'alpinisme comme activité principale, souligne l'intérêt de ces séances : «L'escalade leur apporte de la confiance en eux-mêmes et en celui qui les assure. Elle leur fait travailler l'équilibre, la projection sur un objectif. Elle leur apprend aussi à renoncer, sans que ce soit un échec…»

Glacier

Ces apprentis montagnards sont unis par des souvenirs lumineux : quelques courses sur les glaciers du massif du Mont-Blanc ou sur des 4 000 mètres du Valais suisse. Et puis il y a eu le grand voyage, l'an dernier au Maroc, où ils ont gravi le Toubkal, 4 165 mètres. Vincent, trisomique de 41 ans, s'en souvient avec émotion : «Tout ! Je me rappelle de tout !» Nicolas, 33 ans, détaille : «Ça m'a appris énormément de choses. Et puis la rencontre avec les gens! C'était la première fois que j'allais dans un pays étranger.» Un silence, puis il ajoute : «On a fait quelque chose de bien.»

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