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Redessiner les Terreaux avec l’histoire de Lyon

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Daniel Buren et l’architecte Christian Drevet ont recouvert le lieu d’un damier constitué de carrés de granit gris, cernés de bandes noires et blanches. Au fond, la fontaine Bartholdi a été déplacée face au Palais Saint-Pierre pour rééquilibrer l’espace.

Publié le 29/12/1994 à 23h16

Depuis une semaine, les Lyonnais ne reconnaissent plus leur centre-ville. Après le relifting au printemps dernier de la rue de la République ­ une des rares percées du XIXe façon Hausmann ­, la recomposition par Daniel Buren et Christian Drevet de la place des Terreaux, coeur historique de la cité, provoque un véritable séisme dans la perception du paysage urbain.

On ne change pas impunément un lieu aussi central. Celui-ci, créé au Moyen Age sur le remblai des fossés, révèle le face-à face historique entre l'hôtel de ville et les murs des austères maisons de canuts (ouvriers de la soie au XIXe siècle), au pied desquelles les cafés ont accueilli toutes les formes d'immigration et de marginalité. Classée «pôle de tension» par les urbanistes, qualifiée d'«espace majeur», la place des Terreaux (la guillotine jacobine y a sévi en 1793 pour mater la contre-révolution locale) est l'un des lieux symboliques de la ville. Sur le site de l'ancien village gaulois de Condate (le«confluent» car c'est là que Saône et Rhône se rejoignaient), toute l'histoire de Lyon est résumée. L'architecture baroque du Palais Saint-Pierre (ancien couvent devenu musée des Beaux-Arts), tempérée par le classicisme français, oppose son influence méditerranéenne à l'aspect presque nordique ­ avec son beffroi central ­ de l'hôtel de ville, revu par Mansart au XVIIe siècle.

Le projet de remodelage se devait donc de prendre en compte le site dans toute sa munificence. L'effet obtenu n'est pas indigne de celle-ci.

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