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Libération

Le royaume aux frontières floues des drag-queens

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Publié le 05/01/1995 à 0h35

Lèvres de corail, talons aiguilles comme la plus confortable des

inventions, soutiens-gorge gonflés de seins gigotant au-dessus d'une taille ciselée, la féminité est de retour... chez les garçons. Avec la sortie du film Priscilla, qui met en scène des hommes habillés en femmes traversant le désert australien, la France découvre le transformisme new-look, le «cross-gender» ou tout simplement la traversée des genres. Non pas le «troisième sexe» mais plutôt le troisième genre, un capiteux cocktail, tout en délires vestimentaires, dans lequel masculin et féminin se neutralisent. Le jeu de l'apparence En quoi ce phénomène diffère-t-il du classique «travesti»? On joue sur la féminité par les apparences, sans transformer le corps, comme on le voit bien là où le mouvement est né, aux Etats-Unis. En 1991, à New York, la majorette hallucinée en tête du cortège de Wigstock, grande célébration gay sur fond de concours de coiffures folles, est une «drag queen» («travelo», «folle»). La manifestation est retransmise sur toutes les télés. Mais avant cette Epiphanie cathodique, les vidéo-clips ont déjà propagé la folle nouvelle, l'évangile selon Notre-Dame-de-Tous-les-Sexes.

Choyés par les stars Madonna fait dresser les seins de ses danseurs dans des soutiens-gorge Gaultier, les B-52 et Dee-Lite font danser des drag -queens dans leurs vidéos, tandis que le styliste Todd Oldham exhibe un mannequin chaloupé pour ses défilés. Le modèle Lypsinka (de son vrai nom John Epperson) se spécialise dan

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