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Les «garçons féminins» de Tokyo, des ados fatigués de la vie macho

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Publié le 05/01/1995 à 0h35

Rue Takeshita à Harajuku, le délire vestimentaire n'a rien à envier

aux clubs de Londres ou New York. Rockers, rappers ou punks aux crêtes multicolores ne surprennent plus guère. La nouveauté depuis l'été dernier, ce sont les «femio-kun», les «garçons féminins» japonais. En fin de semaine et les jours de fête, ils viennent de partout pour se retrouver dans les quartiers branchés de Tokyo, à Harajuku et Shibuya. Les femio-kun n'ont pas vingt ans. Les plus jeunes en ont tout juste treize, lycéens imberbes, visage poupin, regard angélique. Ils se vernissent les ongles, se maquillent délicatement le visage parfois, portent des boucles d'oreilles, enfilent des chemisettes étroites ou des vestes très serrées à la taille, ainsi que des pantalons à pattes d'éléphant. Les plus audacieux mettent une jupe. Ressembler à une fille, plutôt qu'en être une Ni homosexuels, ni travestis, ils veulent seulement ressembler à des filles. «Pour moi, m'habiller comme une fille est une façon de m'exprimer, explique l'un d'entre eux. Je ne tiens pas particulièrement à devenir réellement une femme. Il est plus intéressant pour moi d'être un garçon qui soit comme une fille.» Rares sont ceux qui prêtent attention au couple de très jeunes femio-kun qui passe devant le grand magasin à la mode Laforêt. «Mes parents ne sont pas contents. Ils veulent que j'enlève ces vêtements. Mais je ne les écoute plus. Je mène ma vie comme je veux et mon rêve, c'est de ressembler le plus possible à une fille», dit Koji

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