Menu
Libération

Tayra et Nabil, ni hommes, ni femmes: «créatures»

Réservé aux abonnés

Publié le 05/01/1995 à 0h41

Le Paris nyctalope, à l'instar de toutes les ruches, possède sa

reine. Mais comme chaque ruche a tendance à essaimer, la reine des liesses noctambules s'incarne dans une myriade de visages. Parmi ces reines, Tayra et Nabil, figures ascendantes de la galaxie drag-queen, jouissent d'une notoriété aussi fulgurante qu'une comète. En début d'après-midi, ces supernovae n'ont rien perdu de leur éclat.

«Rien d'un travesti»

Tayra en robe de chambre, entre deux caresses au chat, s'amuse comme une Américaine ritzée pour expliquer sa Bohème de poupée. «Je m'habille en femme mais je n'ai rien à voir avec les travestis... Je suis à la fois un homme et une femme mais, si je me travestis , c'est pour être une femme du monde. Je préfère la nuit parce que c'est plus survolté. Ce qui me plaît dans la nuit, c'est le fun, le délire. Même s'il y a inévitablement le cercle infernal de la drogue et du sexe... mais ce n'est pas cela qui m'intéresse.» Emperruquée, portant un sac à main luxueux et serrée dans un tailleur Chanel, tel est l'idéal féminin de Tayra...

Ce Martiniquais de 21 ans est venu à Paris il y a deux ans pour avoir une «plus grande ouverture d'esprit». Cette mésange de la Caraïbe a découvert beaucoup plus en devenant oiseau de nuit mais ses parents, d'une famille aisée, pensent toujours que cet étudiant assidu prépare sa licence. Il n'a pas pour autant perdu tous ses principes: «Les autres travestis font le tapin, moi, je ne suis ni vulgaire, ni malsain, ça me fait plaisir quand les gens

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique