«Arbitre des élégances? Sûrement pas. Je suis là pour donner
envie de participer aux fantaisies de la mode et éveiller l'esprit des élèves.» Marie Rucki, directrice du Studio Berçot.
Le Studio Berçot est à la mode ce que le Conservatoire est au théâtre: une référence. Dans ce lieu d'agitation et d'éveil, les apprentis stylistes traduisent par le tissu leur imagination débordante, domptée par des enseignants vigilants. On échange des idées ou des pratiques, pour donner cours aux fameux défilés qui ont forgé le mythe de l'école. Les professionnels s'y pressent comme pour les collections, désireux de dénicher de jeunes talents qui, depuis plus de 20 ans, forment la fine fleur de la création.
Atelier de mode en herbe
Le Studio Berçot n'est pas angélique. Il y a pleurs et grincements de dents dès l'entrée dans ce cocon, à double tranchant. L'existence d'une grande liberté, absente dans les autres écoles, comme Esmod ou celles de la chambre syndicale, est contrecarrée par une vigilance permanente sur les dérapages vers l'extravagance gratuite ou l'arrogance juvénile. Il est plus important de se trouver soi-même dans tous les coins bien cachés de sa personne plutôt que de jouer les virtuoses perroquets. «Ça fait mémère»
Au demeurant, la liberté est très vite stoppée par un définitif: «Il est interdit de créer avec un grand "C", vous n'êtes pas des Créateurs», et surtout par le ratatinage systématique des jeunes têtes visant le firmament des vedettes, à peine le seuil franchi. Des tête




