«Percevoir l'époque et la traduire par le vêtement»
Marie Rucki ne se soucie guère d'étonner par son apparence vestimentaire. Son allure est à l'image des préceptes qu'elle aime voir appliquer en matière de style: «Surtout ne pas avoir l'air fabriqué.» La directrice du studio Berçot est donc naturelle, voire nature. Mais comme elle manie le paradoxe avec la dextérité d'une petite main, elle se plaît à préciser: «Je crois que le naturel, ça se travaille aussi.» Son apparente simplicité est donc assez recherchée. Un nuage de cheveux gris-argent. Veste sombre adaptée au T-shirt, jupe noire, chaussures plates. Seule note de fantaisie, des lunettes évasées pour fortifier le bleu de son regard perçant. «Je n'ai jamais pensé être capable de porter la mode sur moi. Et puis, il suffit souvent d'une allusion pour suivre la mode. En fait, la mode consiste à percevoir l'époque et à la traduire par le vêtement.» Donner le ton en matière de style ne l'a d'ailleurs jamais préoccupée: «Arbitre des élégances? Sûrement pas. Je suis là pour donner envie de participer aux fantaisies de la mode et éveiller l'esprit des élèves.»
Chercher l'inspiration en Allemagne A son poignet, on peut voir s'agiter un bracelet en bimbeloterie verdâtre qu'elle a ramassé sur un trottoir de Barbès. «C'est passionnant de se promener dans ce quartier. Je ressens le même type d'étonnement que sur les Champs-Elysées, avec la spécificité propre aux touristes de tous les pays. Mais je ne peux pas dire que la rue m'influ




