La chambre à coucher a-t-elle un avenir dans les intérieurs
contemporains ou bien est-elle vouée à n'être que le vestige d'une pièce qui, pendant des siècles, a cristallisé toute l'ingéniosité de la décoration d'intérieur? C'est la question cruciale que pose implicitement la copieuse exposition - quoique assez conventionnelle dans la présentation - du musée des Arts décoratifs (1). A cette fin, les auteurs de l'exposition se sont lancés dans un voyage à travers le temps, remontant jusqu'au Moyen Age pour décrypter l'évolution des styles à travers les métamorphoses de l'usage. Le titre à lui seul, «Rêves d'alcôves», pourrait laisser croire que la chambre à coucher fait désormais partie du domaine de la fiction, de l'imaginaire du sommeil plutôt que de la réalité des préoccupations d'aménagement d'intérieur.
Lit monument «Lorsque nous avons voulu montrer une création contemporaine, nous avons eu toutes les peines du monde à trouver un designer d'aujourd'hui qui s'est penché sur la question, explique Odile Nouvel, commissaire de l'exposition. Nous sommes actuellement victimes du syndrome Ikéa. Les gens veulent du pratique, pas cher. Cet élément de la domesticité n'a pas bénéficié de la griffe des principaux designers contemporains.» Les ouvrages de décoration contemporaine confirment cette évolution en s'attardant sur les notions de sol, de plafond, d'éclairages, en dédaignant toute réflexion synthétique sur la pièce de la vie intime. «Depuis cinquante ans, les designers de p




