Créer ex nihilo un boulevard à visage urbain sur un site vierge,
coincé entre un parc du XIXe siècle et le Rhône, c'est le projet du nouveau quai Général-de-Gaulle créé par Michel Corajoud pour la Cité internationale à Lyon. L'intention peut paraître paradoxale. D'autant qu'à première vue, ce site de 20 hectares en forme de croissant ne semble guère facile d'accès: deux ponts de chaque côté, un échangeur, le chemin de fer, une zone frontière entre Lyon et la commune voisine de Villeurbanne. Bref, un site plutôt marqué par la rupture que par ses possibilités de liaison. Certes, les boulevards ont souvent été construits sur d'anciens remparts, aux marges de la ville. Mais ils offraient rarement toutes les aménités de la vie citadine.
Le langage du fleuve Aussi, le projet du paysagiste Michel Corajoud pour l'entrée nord-est de Lyon représente-t-il un véritable défi. En remplacement de l'ancienne voie express qui permettait de relier à toute allure la fin du périphérique au quartier résidentiel des Brotteaux, Michel Corajoud a en effet dessiné une nouvelle desserte qui modifie complètement l'entrée des voitures dans la ville, tout en ressuscitant le plaisir des promenades au bord de l'eau. Avec une pensée urbaine résolument marquée par des préoccupations humanistes: «Nous nous sommes efforcés d'accorder notre approche avec la langue propre au fleuve. En favorisant l'entrecroisement entre la nature et la ville, nous essayons de reciviliser la ville. La gestion des flux de circulati




