Le «boulevard urbain» vient d'arriver en ville. Le terme est encore bien vague mais le but est clair: marier, en toute quiétude, les divers flux qui dévalent les grandes a rtères urbaines: voitures et camions, cyclistes ou piétons, foule qui envahit les trottoirs devant les commerces ou boutiques... D'où la nécessité de repenser complètement la circulation, le stationnement, la distribution, le rapport au logement ou aux transports en commun... sans oublier la sécurité. Une «figure heureuse de l'aménagement ou un dérivé humanisé de la voie rapide», selon Bruno Fortier, architecte et responsable du département Villes et Urbanisme à l'Institut français d'architecture. Le boulevard a sa propre histoire. Etymologiquement, c'était une voie à grande circulation, «ce que l'on a construit sur les fossés des villes».
En 1988, dans une étude du ministère des Transports (1), les boulevards sont identifiés comme «grands, larges, en ville, avec des magasins, la foule des piétons sur les trottoirs, l'animation» par les passants interrogés. L'abandon des voies rapides Au lendemain des luttes associatives des années 1970 contre les voies rapides, le boulevard est devenu «urbain». A Paris par exemple, Valéry Giscard d'Estaing, dès son arrivée au pouvoir en 1974, abandonne purement et simplement les projets de «radiale Vercingétorix» (qui coupait le XIVe arrondissement en deux, entre les portes de Châtillon et de Vanves, et le quartier Montparnasse) et de «voie express rive gauche». Mais, ce




