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Vues sur berge : ""le port et la ville""

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Publié le 30/01/1995 à 23h50

Vues sur

berges Si les fleuves, les accès à la mer, ont souvent été à l'origine des villes, ils n'en ont pas toujours été aimés. Les invasions anciennes, les crues, toujours présentes, ont entretenu la méfiance des hommes. Devenues ports, zones industrielles, voies rapides, les rives sont restées longtemps aux marges de la cité. Ce sont ces friches que Nantes, Bordeaux, Evian, Marseille, Gennevilliers et même Paris veulent aujourd'hui reconquérir, rendre à leurs habitants, transformer en postes avancés de la «nature» dans l'univers urbain. Les villes aiment l'eau ou plus exactement les berges, leur dernière fantaisie. Elles paraissent en effet découvrir leur rapport avec l'élément liquide: lac, rivière, canal, bassin portuaire ou rivage maritime... Désormais urbaine, l'eau sera paysage et surtout loisirs, un nouveau territoire où une architecture «de ville» s'apprête à remplacer l'architecture portuaire et fluviale. Les trois périodes de la reconquête Ce désir soudain de berges a de quoi étonner car, dans l'histoire, l'eau n'a, de fait, joué qu'un rôle ambigu. Elément fondateur de la cité, qu'elle soit fleuve, rivière, canal ou mer, elle génère la ville, lui donne sa raison d'être. Mais en même temps, elle est élément de crainte: via l'eau, arrivent les attaquants, les épidémies ou les crues, comme on l'a vu ces jours-ci. Si bien que les premiers aménagements de rives sont toujours réalisés pour se protéger: la ville garde ses distances avec l'eau, lui tourne même le plus s

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