Les voitures polluent la ville. Mais aussi la vie des chercheurs.
Certes, les spécialistes commencent à analyser correctement certains polluants atmosphériques. Mais pas tous. Et surtout pas les principaux, ceux que les moteurs rejettent. Une inconnue que souligne un rapport de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), rendu public lundi dernier, sur la relation entre transports et santé. L'état des lieux que dresse l'Ademe révèle une incertitude quasi totale quant à l'impact réel sur la santé de la pollution automobile, pourtant la première source de pollution atmosphérique en milieu urbain.
L'été dernier, de grandes villes françaises ont dépassé à plusieurs reprises les seuils d'alerte de la pollution atmosphérique. Des études épidémiologiques ont montré l'influence croissante sur la santé de l'environnement urbain. Place Victor-Bash à Paris, rue du Puits-Gaillot à Lyon et boulevard Foch à Grenoble sont citées au hit-parade des artères les plus polluées de France. L'étude de l'Ademe, en constatant la gravité de la situation, soutient l'idée que la politique antipollution doit changer. La première réglementation limitant les émissions de monoxyde de carbone et d'hydrocarbures pour les voitures particulières date de 1971. Depuis, on ne s'est intéressé qu'à la technologie des véhicules pour réduire leurs rejets nocifs. Ça ne suffit plus.
Le rapport de l'Ademe pointe en premier lieu les effets de la pollution automobile sur la santé: «Les polluants émis




