Changer, bouger, façonner une autre gueule d'atmosphère à son
appartement: un habitant a toujours ce projet dans la tête. C'est la grande idée, généreuse, astucieuse et presque impossible à réaliser de l'habitat dit «évolutif», qui n'a cessé de hanter ou de décourager, par soubresauts, les architectes du logement social ou même individuel. Une idée qui resurgit parfois, appuyée sur les changements familiaux: divorce et éclatement de la famille, recomposition autour d'une nouvelle union, avec de nouveaux enfants. Problème des enfants qui grandissent mais, sans travail, prennent racine dans l'appartement. Emergence du travail à la maison grâce à l'ordinateur. Il s'agit donc de «recomposer» les éléments du puzzle, de pousser violemment les murs, plafonds, fenêtres pour s'agrandir. On peut espérer que cette idée de l'évolutif, qui était le credo des utopies des années 60-70 quand tout devait éclater et se transformer, sera reprise par la jeune génération. Mais les exemples de cette recherche sont peu nombreux. Un phantasme?
Quand on interroge les intervenants de la scène architecturale, on ne recueille qu'un grand soupir. Tous espèrent qu'après les théoriciens précurseurs, il se trouvera encore quelques fous provocateurs. Cette utopie enchante par exemple Didier Rebois, animateur des concours Europan. Mais il tempère cependant le débat: «Les projets de parties rajoutées au bâtiment existent dans le phantasme mais se heurtent aux problèmes économiques. Si on observe la rigidité d




