L'officine Europan fonctionne comme une tête chercheuse d'idées
grâce à des concours ouverts aux jeunes architectes de neuf pays d'Europe. La règle y est simple: on peut s'envoler sans frein sur les cimes du rêve. La première session, 1988-1989, les encourageait à gamberger sur «les modes de vie» liés au logement, avec entre autres thèmes, la transformation. En règle générale, ces projets qu'on espère «innovants» restent une vue de l'esprit dans le tiroir à poussière des idées. Mais pas toujours. Le groupe Cremonini, Gaubert, Lauvergeat et Moget a pu réaliser son projet (sur la base du PLA, le prêt locatif aidé) à Reims grâce à une société d'HLM, amie de l'innovation, l'Effort rémois. Quarante logements «traversants» (éclairés de bout en bout) reprennent l'idée de base de «l'appartement dans l'appartement», comme l'explique Catherine Lauvergeat, en soulignant que «le projet initial n'a pas été modifié». On joue sur une astuce, celle des «coulissants». Les parois sont dissimulées dans l'épaisseur des cloisons que l'on tire pour fermer une pièce et que l'on range pour ouvrir sur une autre pièce, selon l'humeur, le théâtre intime familial et les besoins pour modifier l'espace vital. Le plan est dessiné, sans entrée et sans couloir, sur le modèle très performant et surtout très chic «des pièces en enfilade des hôtels particuliers». Toutes les pièces donnent sur le séjour qui les distribue, tout comme les compartiments d'un train donnent sur le couloir. Les deux chambres placé




