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Nomades urbains

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Publié le 23/02/1995 à 0h52

Nomades urbains

On a complètement intégré notre précarité, confie Denis. Dès que nous avons investi cet endroit, on pensait déjà à la fête de départ. Deux ans, c'est bien pour un lieu. On n'y rentre pas pour y être à vie.» Face à l'hôpital Saint-Louis à Paris, une dizaine de créateurs, âgés d'une quarantaine d'années, ont investi d'anciens ateliers qu'ils ont aménagés. Petit à petit, la vie s'est organisée. Des pros du squat. Malgré tout, l'inconfort d'être «résidant illégal» se fait sentir. «C'est vrai, des fois, on a peur que des gros bras nous expulsent ou mettent le feu. On est toujours prêts à partir.» Alors ils sont là sans y être vraiment. Ils n'apportent ici que l'essentiel, les objets de valeur restant chez un copain. «Même si tout s'arrête dans trois mois, on va jusqu'au bout. Ça s'inscrit dans notre logique de vie.» L'Atelier 61, ancien entrepôt du début du siècle, a une superficie de plus de mille mètres carrés. De beaux volumes à l'ossature métallique. Denis, Badia et leurs amis ont monté une association afin de gérer et entretenir les locaux. Plus de 500 personnes en sont membres. En rez-de-chaussée, une salle de spectacle, des lieux d'expo et de répétition, ouverts au public. Il s'y donne des cours de chant, de théâtre... Un lieu qui donne à voir des oeuvres, peintures, sculptures posées de-ci de-là, sans véritable souci esthétique. Une matrice qui donne aussi à entendre. Curieuse carte sonore: sur fond de percussions, des comédiens crient dans une salle ta

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