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Les villes font place nette

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Publié le 25/02/1995 à 0h51

Les crottes de chiens parisiennes ne sont pas en odeur de sainteté.

Dans le hit parade des nuisances urbaines de la capitale, les déjections canines -ce nouveau «péril fécal», selon l'expression de Roger-Henri Guerrand (1)- arrivent en effet en tête, à égalité avec la pollution atmosphérique, et loin, très loin devant les graffiti et l'affichage sauvage. Mais rien n'y fait: ni la centaine de «caninettes», plus connues sous le nom de «moto-crottes» ni les PV spécial «propreté canine». Encore moins les campagnes de sensibilisation, un rien naïves, sur l'air du «apprenez-lui le caniveau»... dont le but avoué est autant d'obtenir «une participation positive à l'effort commun de protection de l'environnement», qu'un«comportement civique» des citadins propriétaires de chiens.

Appel au civisme Le mot est lâché, le propre dans la ville sera dorénavant du ressort du civisme. Car sous son apparente banalité, l'idée de propreté touche là une dimension fondamentale de la société: le rapport à l'autre, l'imbrication entre individuel et collectif. Alors: «Aux armes (pelle, balayette et sac en papier), citoyens!» Désormais, aux côtés de la républicaine «Liberté-égalité-fraternité», pourrait voir le jour une nouvelle devise: «Urbanité-civilité-propreté».

Si au XIXe siècle, l'hygiénisme avait érigé la propreté au rang d'idéologie, celle-ci est aujourd'hui indissociable des valeurs urbaines. Depuis quelques années, toute une réthorique fait la promotion d'une «qualité» des lieux publics ou de l

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