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Tentations d'ordre public

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Publié le 25/02/1995 à 0h51

Tentations d'ordre public

Marion Segaud est sociologue, professeur à l'université du littoral et directeur scientifique de l'Institut des mers du Nord (Dunkerque). Elle a dirigé une recherche sur la question du propre et du sale dans l'espace urbain, dont les diverses réflexions ont été regroupées dans un ouvrage intitulé le Propre de la ville: pratiques et symboles. Actuellement, Marion Segaud travaille sur les rapports complexes entre public et architecture. Depuis quelques années, le propre semble être devenu un élément primordial de l'urbanité. Pourquoi? Le propre - ou plus exactement son contraire, le sale - est un enjeu majeur dans la gestion de l'espace public car il emporte l'adhésion de tous, des citadins comme des pouvoirs publics. Le respect de l'autre, l'urbanité reposent sur une sorte de code où figure un «minimum commun» de propreté, et autour duquel se développent les relations sociales. Toute transgression remet en question ce code. C'est une condition de la communication entre les gens. Le maintien d'une cohabitation entre les groupes passe par là. Les notions d'«environnement urbain» ou de «cadre de vie» participent-elles à l'édification de l'image de la ville? Depuis une dizaine d'années, on observe une inflation de l'image de marque des villes à travers le «marketing urbain». Les municipalités rêvent toutes d'un «territoire propre». Le but premier de cette compétition entre les villes est clair: séduire pour attirer de nouveaux citadins. Parce que l

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