Maintenant, lorsqu'une ville me consulte pour la confection d'un
logo, j'explique aux élus pourquoi le meilleur logo du monde, c'est de ne pas avoir de logo du tout!» La pensée du designer Yann Pennors, si brutale soit-elle, a au moins le mérite d'être claire. Elle est en tout cas révélatrice du virage à 180 degrés qui s'est opéré au début des années 90 dans l'élaboration de l'identité visuelle des villes. Pendant les années 80, les collectivités se sont affublées d'une foultitude de logos, interchangeables et souvent anecdotiques, tellement en quête du goût du jour qu'ils en devenaient rapidement obsolètes. A l'instar de n'importe quel article de consommation, la ville était devenue un produit soumis aux lois du marketing publicitaire, bénéficiant de gras budgets (selon une enquête CB News de novembre 1990, la communication a coûté, en 1989, 18 MF à Bordeaux, 10 MF à Saint-Etienne, ou encore 7 MF à Massy). Les élus recherchaient avant tout une image. Un logo, c'était surtout une façon de marquer son territoire sur le mobilier urbain, les véhicules municipaux, les édifices publics. Une image, trois mots, derrière lesquels les publicitaires collaient tant bien que mal un «concept». Aucun défaut possible. Que des qualités. Dans chaque ville, une géométrie élémentaire garantissait un avenir en quadrichromie dans une cité «carrefour européen, phare régional, terre d'abondance pour ses habitants». Aujourd'hui, les concepteurs parlent plus de recherche d'un style au design spécifi




