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Interview

Patrick Le Mahec : ""la cité n'est pas un produit de consommation""

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Publié le 09/03/1995 à 2h18

«La cité n'est pas un produit

de consommation»

Philosophe de formation, Patrick Le Mahec est spécialiste de la communication publique et sociale. Après avoir travaillé chez Publicis (agence Topologies), il fonde Capitales en direct, une agence spécialisée dans le conseil aux collectivités territoriales. Depuis 1994, il est directeur général du groupe de design et communication Plan créatif.

Quand est né l'engouement pour l'identité visuelle de la ville? Au début des années 80, au moment où la décentralisation initie une concurrence entre les villes. Lors de l'élection présidentielle de 1981, le slogan socialiste «La force tranquille» signe l'entrée de la pub dans la politique. Le succès de «Tonton» fascine. Les villes ont soudain cherché à mieux s'approprier leurs espaces publics. Dans la bouche des maires, il n'y avait qu'une seule phrase: «Faites-moi un logo pour communiquer!»

La ville serait donc un produit de consommation? Au début, les designers ont agi comme si la ville était un produit, réfléchissant avec des méthodes qui avaient fait leurs preuves dans la consommation. Sauf que dans la consommation, la plupart du temps, les produits sont «dociles». Un fromage, par exemple, ne trahit pas, il est fiable: c'est un produit conforme à son slogan. Ce n'est pas le cas pour une ville, car la vie peut démentir une promesse. Au contraire d'un produit de consommation, une ville possède aussi en elle une part de négatif que l'on ne peut effacer: du chômage, des immeubles à réhabil

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