Nelly Rodi. Chez elle, on scrute l'avenir. L'inspiration ne suffit
pas aux créateurs. Les industriels de la mode ou de la décoration veulent être sûrs que leurs produits se vendront. Dernier oracle en date: la victoire du celtique chic sur le clinquant provençal.
Pythie pour les stylistes - Si la nature a horreur du vide, la mode a horreur d'un bide. La plantade, le colossal ratage, la tocade que l'on n'a pas su flairer, voilà ce qui est insoutenable au microcosme du dernier cri. Se dire qu'il y a aiguille sous roche et se retrouver à côté de la plaque tectonique qui secouera l'atoll de la mode en fusion, tels sont les affres qui taraudent les professionnels du style et de la décoration. Aussi pour pallier l'angoisse de la feuille blanche, le monde de la mode a recours à des bureaux de style, officines mystérieuses secouées par de houleuses tempêtes cérébrales où le galimatias sémiologique affronte les courants incoercibles d'une sociologie de café du commerce.
L'agence de style de Nelly Rodi est une des plus importantes du genre. Forte d'une centaine de clients (grands magasins, industriels, salons, etc.), elle conseille Louis Féraud, relooke les agendas Oberthur et soutient le conseil régional de Bretagne, un pays très «tendance», riche d'une celtitude qui répondrait selon elle à la quête actuelle pour «un monde authentique et rigoureux». Un pied de nez à l'engouement pour la Provence dont le dernier défenseur en date, Bernard Tapie, parangon du tape-à-l'oeil, incarnerait




